François Guillaumat

 

UN PROCESSUS D’APPRENTISSAGE

Un marché financier doit faire l’expérience de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas *

 

 

Deux économistes trouvent un billet de 500 F tombé par terre sur le trottoir.
Le premier se penche pour le ramasser mais l’autre l’arrête en lui disant :
"réfléchis, voyons ; s’il y avait vraiment ici un billet de 500 F,
quelqu’un d’autre l’aurait déjà ramassé ! "

(blague d’économistes)

 

 

Il n’y a pas de profit certain

Alors que la plupart des gens qui envisagent de loin la spéculation financière y voient une manière coupable de gagner de l’argent facile, il y a belle lurette que les financiers  qui passaient leur temps à rechercher ce résultat-là ont jeté l’éponge en la matière. Car le procédé qui leur permettrait de faire des profits automatiques n’existe pas plus que la pierre philosophale vainement cherchée par les alchimistes.

Que ce procédé n’existe pas et ne peut pas exister, tient à ce que toute occasion de profit est immédiatement exploitée jusqu’à sa disparition aussitôt perçue (ce qui veut dire "aussitôt créée par l’esprit humain", car le profit n’est jamais qu’un phénomène de la pensée). Conséquence : ceux qui l’ont perçue les premiers sont les seuls à en profiter, et la font disparaître.

Sur un marché spéculatif, on fait un profit lorsqu’on achète un titre et que son prix monte. Or, c’est ce que tout le monde cherche à faire. Si tout le monde avait prévu que le prix allait monter, alors tout le monde aurait acheté et le prix ne devrait pas monter : il serait déjà monté.

Par exemple, il est très rare, lorsqu’on rend publique une occasion supposée de profit, que ce ne soit pas déjà trop tard pour que vous-mêmes en profitiez (1) ; comme le disait Jean-Jacques Rosa, en tendance, les informations "exclusives" et autres conseils que l’on trouve dans les journaux financiers valent le prix que vous les avez payés.

On ne gagne que sur une information exclusive

Conséquence : il n’est possible de gagner (autrement que par hasard) sur un marché financier que si on connaît sur l’avenir une vérité que les autres ignorent (ou dont ils refusent de tenir compte). Et si on pouvait définir un procédé sûr, un moyen automatique de gagner, celui qui le connaîtrait gagnerait des fortunes, mais il suffirait que cela se sache pour qu’il ne gagne plus rien à le faire : il suffirait de l’imiter pour réduire son profit à zéro, et de ce fait annuler l’effet de son procédé ; a fortiori si celui-ci venait lui-même à être connu.

La réflexion systématique livre donc au moins ces deux conclusions :

— il ne peut exister aucun moyen systématique, rationnel de prévoir les prix à venir. La prévision scientifique n’existe pas et ne peut pas exister en la matière.

Parce que l’homme est doté du libre arbitre, et surtout parce que ce libre arbitre est inséparable de sa rationalité, qui tend à rendre inopérant tout moyen de prévision mécanique de ce genre.(2)

— si ce n’est pas seulement par hasard que l’on gagne, c’est parce qu’on a prévu avant les autres à quoi allait mener le résultat de leurs décisions.

 

Information et intuition

La seule conclusion générale que l’on puisse tirer d’une réflexion systématique sur la spéculation est donc qu’il n’existe pas de profit certain. Et comme rien ce que tout le monde peut connaître ne permet de prévoir mieux que les autres, les informations spécifiques et non verbales jouent un rôle essentiel dans la réussite de l’entrepreneur sur les valeurs à venir. Bien entendu, si on est bon économiste, c’est-à-dire si on a une bonne idée de la causalité sociale, on aura plus de chances de bien prévoir (toutes choses égales par ailleurs). Mais comme cela ne rapporte rien de savoir ce que tout le monde sait, d’autres éléments jouent un rôle tout aussi essentiel voire prépondérant :

— connaître des informations que les autres n’ont pas. Et pour les obtenir, la plupart du temps, il faut se donner de la peine : apprendre à connaître les gens et leurs projets, constituer des réseaux d’information, des centres de traitement de celle-ci .(3) On peut envisager cette production de l’information comme une industrie spécifique dont le gain spéculatif ne serait que la rémunération, tendant vers la normale (c’était la remarque de tout-à-l’heure sur ce que valent les conseils publiés dans les journaux financiers. A contrario, ceux qui croient que les spéculateurs gagnent de l’argent sans travailler ne les ont jamais vus à l’œuvre).

— au-delà de ce travail et de cette organisation, on peut envisager que certaines personnalités aient le don d’être plus avisées que les autres (puisque c’est cela qu’on leur demande) : tout d’abord, il faut être équilibré et indépendant : l’émotif agit au rebours de la raison, le suiveur décide toujours trop tard.

On connaît la réponse d’un Rothschild à qui lui demandait le secret de la réussite : "je vends toujours trop tôt". C’est-à-dire, lorsque je suis le seul à penser qu’il faut vendre.

La spéculation (qu’elle soit financière ou politique) exige aussi une intelligence supérieure. Cependant, il s’agit de connaître — avant ceux qui s’y livrent —  les résultats d’un processus hypercomplexe entre des milliers de cerveaux. L’intelligence intuitive est donc privilégiée, non seulement parce que la connaissance verbale, transmissible, est plus facilement galvaudée, mais parce que le raisonnement explicite est impuissant à traiter une si grande complexité.

C’est un peu comme apprécier la situation politique d’un pays, domaine dans lequel nous sommes si experts, du moins quand il s’agit du nôtre. (4) Le chauffeur de taxi immigré apprécie notre situation politique avec plus de réalisme que le Français temporairement installé en-dehors du territoire national. De même, pour prévoir l’évolution d’un marché, il faut le "sentir" et pour le "sentir" il faut vivre dedans.

Dans notre pays de beaux parleurs, il nous est encore plus difficile d’imaginer le génie purement intuitif que nous ne pouvons admirer un génie manuel. Mais le "sens" des affaires existe bel et bien. Il y a des génies de la finance qui ne sont pas très forts dans le discours verbal.

C’est pourquoi il n’est ni nécessaire ni suffisant d’être bon économiste pour faire de bonnes prévisions. On a vu Jimmy Goldsmith : chaque fois qu’il faisait un "coup", il expliquait son choix par des prévisions plus ou moins aventurées sur les événements à venir, prévisions que la suite a toujours démenties. Mais il se passait autre chose, qui faisait bouger le marché dans le bon sens, lui faisant gagner beaucoup d’argent. On peut aussi citer Georges Soros, médiocre propagandiste de la démocratie sociale quand il ne gagne pas d’argent à faire des "coups", ou Alain Cotta, capable de faire de bonnes prévisions sur les marchés dont il connaît l’histoire récente alors qu’il est complètement incompétent en théorie économique. (5)

 

L’apprentissage social

Comme le spéculateur cherche à prévoir ce que vont faire les autres avant les autres, rien de ce que tout le monde sait ne pouvant lui permettre de gagner, les éléments mesurables de la valeur des titres comme les statistiques ou les éléments de bilan (dont on tire divers ordres de grandeur que l’on juge plus ou moins "normaux") ne sont que des références indirectes, l’un seulement des éléments du jugement. Il faut savoir juger l’opinion des autres, leurs réactions, leur vision du monde ou plutôt s’en faire une impression. C’est une des rares formations sociales qui se fonde à ce point sur la subjectivité collective.

Les marchés spéculatifs, donc, dépendent pour leur régulation d’une information qui demeure largement tacite : leurs propres idées de l’avenir, leurs intuitions et leurs règles de fonctionnement qui condensent une expérience accumulée dans le passé, dont on ne se rappelle plus les circonstances exactes. Par conséquent pour que le marché spéculatif fonctionne bien, il doit lui-même avoir accumulé une information tacite qui ne s’acquiert que par expérience. (6) Il doit lui-même avoir subi un apprentissage. Pour éviter les emballements et les pertes de confiance, il faut :

—  que les investisseurs soient responsables de leurs actes, c’est-à-dire en subissent les conséquences, condition nécessaire pour acquérir eux-mêmes l’expertise. De même,

— Les organisateurs du marché, qui peuvent y imposer des règles de prudence, doivent eux-mêmes subir les conséquences de son bon ou mauvais fonctionnement. Celui qui pose les règles doit lui-même en subir les conséquences : par exemple être responsable de la bonne fin des contrats. Ce qui exclut a priori la réglementation par les hommes de l’état, institutionnellement irresponsables.

— Il doit exister sur les marchés une masse critique d’opérateurs expérimentés, qui possèdent suffisamment d’information tacite pour assurer sa régulation.

Ce sont des nécessités que l’on retrouve dans tous les systèmes d’interaction hypercomplexes : par exemple, la circulation automobile place de l’étoile. Malgré la règle absurde de la priorité à droite, qui devrait y bloquer tout le monde, elle fonctionne lorsque la plupart des conducteurs possèdent la connaissance intuitive de ce qu’ils doivent faire pour en sortir le mieux possible. Les blocages se produisent :

—  Lorsqu’une tentative de planification centrale sabote le processus interactif. Par exemple, la présence d’un agent prétendant "régler la circulation" et qui de ce fait amoindrit considérablement l’intelligence du système.

— lorsqu’une proportion anormale de conducteurs inexpérimentés vient y prendre part : par exemple lorsque des vacances de courte durée amènent des provinciaux à Paris.

— Lorsque les conditions changent de façon inopinée : lorsque certains passages sont bloqués, lorsqu’il pleut, lorsque la concentration est trop forte. On voit alors des gens abandonner leurs règles habituelles et adopter des conduites expérimentales qui ne tiennent pas forcément compte des règles légales. Dans ce cas, une intervention extérieure, en imposant des interdictions stables et connues, peut rétablir un processus d’interaction efficace.

L’auteur le plus fécond sur la société envisagée comme un systèmes d’interaction hypercomplexe est en même temps — ce n’est pas une surprise — un théoricien de la connaissance tacite accumulée dans les mœurs et les institutions. C’est le plus grand théoricien contemporain de la tradition et du conservatisme, Friedrich Hayek.

Paradoxe, donc, pour nos conservateurs qui continuent de voir quelque diablerie dans le fait de créer de la richesse par un acte pur d’intelligence (7) : ils seraient les mieux placés pour comprendre la spéculation, s’ils voulaient se donner la peine d’essayer.

 

Les troubles actuels des marchés financiers

On peut essayer d’appliquer ce type d’analyse aux événements récents.

La première explication des crises qui ont secoué l’Asie l’année dernière, et la contagion qui s’ensuit aujourd’hui en Russie et en Amérique Latine, est évidemment l’intervention massive, dans les pratiques financières, d’acteurs irresponsables :  les hommes de l’état, et les affairistes qui pensaient pouvoir échapper comme eux à la punition de leurs erreurs de gestion.

Il faut rappeler que tous les pays du monde possèdent un bloc institutionnel de décision financière irresponsable, non seulement avec la dette publique avouée et non avouée (les engagements au titre de la prétendue "sécurité sociale", qui font plus que doubler l’esclavage imposé aux contribuables futurs) mais surtout avec la banque centrale. Nous avons vu la dernière fois que la Banque centrale américaine a causé la crise de 1929, et la Banque de France celle de 1992-1997). En l’occurrence, le système de Réserve Fédérale est innocent de la crise actuelle, mais on ne peut évidemment pas en dire autant des banques centrale japonaise et russe, qui font l’une de la déflation et l’autre de l’inflation.

Cependant, comme le rappelait récemment Alan Greenspan, la concurrence a repris ses droits sur les marchés financiers à l’issue de la décennie 1980. Ils ont alors recouvré leur capacité, normale et bénéfique, à sanctionner les mauvais risques et notamment les places financières soumises à des gouvernements plus voleurs et plus incompétents que les autres.

L’inexpérience financière des pays émergents

Ce faisant, ils ont forcé l’ouverture de marchés financiers nationaux habitués au monopole et à l’irresponsabilité d’état. En les obligeant ainsi à s’ouvrir, la concurrence a permis un afflux de capitaux qui a enrichi les pays. (8) Mais la contrepartie nécessaire de cette nouvelle richesse, la sanction brutale des investisseurs en cas de faute, (9) ils n’en avaient pas encore fait l’expérience, expérience dont nous avons vu qu’elle est pratiquement nécessaire pour éviter les erreurs (10) : c’est-à-dire que ces marchés, comme les marchés des changes à l’arrivée des changes flottants, ont pratiquement dû éprouver des pertes pour que leurs opérateurs comprennent que certaines choses se font, alors que d’autres ne se font pas. (11) Les investisseurs internationaux eux-mêmes ont eu besoin de cette expérience-là pour mesurer l’inexpérience de ces nouveaux marchés, la leur et celle des emprunteurs locaux. Et l’ayant fait, ils n’en sont que plus enclins à rapatrier leurs avoirs vers les marchés plus expérimentés, ce qui aggrave encore la sanction. (12)

Que faire, comme disait Lénine ?

Il faut d’abord rappeler des marchés financiers, comme des marchés commerciaux, qu’il a bien fallu qu’on commence par les fermer pour qu’on puisse les ouvrir. En d’autres termes que dans les pays dits "émergents", l’inexpérience des marchés, comme la pauvreté, sont les fruits du mercantilisme (interventionnisme et protectionnisme) antérieur. C’est donc l’étatisme qui en est la cause et non la liberté naturelle : un effet à retardement du bloc d’irresponsabilité institutionnelle entamé par la concurrence et l’ouverture des marchés, et non une conséquence de ces derniers. On peut donc être certain qu’une période ininterrompue de liberté des échanges n’aurait pas permis, et ne permettrait pas de tels troubles.

C’est pourquoi toute extension du domaine de la décision irresponsable, qu’elle soit nationale (réglementation-taxation nationale) ou mondialiste (FMI), si elle semble avoir des effets bénéfiques dans l’immédiat, ne peut que perpétuer l’inexpérience à laquelle il faut justement remédier.

Il faut admettre une fois pour toutes le fait que les financiers et les marchés du même nom ont absolument besoin d’un apprentissage pour garder le contact avec le réel : que cela implique non seulement la constitution d’une tradition financière, comme il y a des traditions guerrières ou des traditions maritimes, mais aussi que face à des conditions nouvelles, il faudra toujours aux marchés financiers un temps d’apprentissage au cours duquel l’incertitude et les pertes seront plus fortement ressenties.

 

NOTES 

* François Guillaumat est un brillant économiste et philosophe, mais le propriétaire du site ne prend pas à son compte les jugements qu’il porte dans ce texte. 

(1) Donc lorsqu’un financier vous indique un placement, vous pouvez être sûr qu’il est déjà trop tard. Exemple typique, Jimmy Goldsmith, lorsqu’il dénonçait la concurrence des produits du Sud-Est asiatique, affirmait implicitement qu’il y avait là-bas des gens payés très au-dessous de leur productivité : concurrence "irrésistible" donc, mais aussi occasion de profit pour quiconque y aurait construit des usines. Eh bien Patrick Messerlin, spécialiste du commerce international, a montré que cette situation avait existé, qu’elle avait conduit à des investissements directs substantiels mais que le phénomène avait déjà pris fin.  Jimmy Goldsmith, financier génial mais penseur social médiocre, n’avait donc pas plus que les autres dérogé à la tradition. Le placement qu’implicitement il indiquait était éventé, et le phénomène contre lequel il mettait en garde avait déjà disparu : les salaires d’Asie du Sud-Est y reflétaient à nouveau la productivité du travail.

(2) La spéculation financière n’est donc pas seulement une forme d’activité intellectuelle supérieure : son opération même garantit que seule l’activité intellectuelle supérieure peut y assurer des gains, au-delà du simple hasard.

(3) S’il n’y a pas de procédé connu pour déduire les prix à venir des prix du passé, il est fort possible que le comportement des marchés présente, du moins pendant un certain temps, des régularités méconnues, dues à une influence ou à une conjonction d’influences plus ou moins durables, et qui permettront de mieux prévoir à ceux qui en auraient eu connaissance.

C’est pourquoi la recherche historique — dont la recherche statistique — peuvent permettre à ceux qui s’y livrent de faire des gains. Mais pour cela, il faut avoir accumulé une expertise, mis sur pied une capacité de traiter l’information qui n’est pas gratuite. Rien n’empêche alors de considérer les gains obtenus par ce moyen comme une rémunération de ces efforts.

(4)  Il semble bien que, lorsque nous discutons de la politique d’un pays étranger, nous n’appliquions pas toujours la subtilité et le réalisme dont nous faisons usage à propos du nôtre. Ainsi, dans les négociations commerciales internationale, "les Etats-Unis" sont toujours réputés défendre scrupuleusement "leur" intérêt national. De même faut-il se garder de dénoncer les crimes de tel ou tel tyran oriental et de ses complices : ce serait se montrer "ennemi" de son peuple ou de son pays. Comme s’il était "anti-français" de dénoncer la nullité de ce pauvre Chirac.

(5)  Alain Cotta n’est donc pas un imbécile, comme on pourrait le penser en l’entendant parler de théorie sociale.

(6)  Cf. Alan Greenspan, Président de la Banque de Réserve Fédérale  — le premier président de cette institution à en connaître la nocivité intrinsèque :  "Il a fallu de nombreuses décennies aux plus anciens participants de la communauté financière pour construire des institutions financières et juridiques qui absorbent les chocs".  Témoignage devant la Commission des Finances du Sénat, 23 septembre 1998.

(7)   Il leur reste à comprendre qu’on ne crée jamais de la richesse que de cette manière-là et que tout ce qu’on donnerait pour de la production, et qui ne serait pas de la création d’information par l’esprit de l’homme est pur leurre et simple apparence.

(8) Cf. Alan Greenspan : "les innovations financières, qui se sont développées à un rythme rapide, ont facilité une expansion rapide des investissements et des échanges transfrontières, avec pour conséquence presque certaine un accroissement marqué du niveau de vie des pays qui ont choisi de participer à ce qu’on peut appeler à juste titre notre nouveau système financier international".  Témoignage devant la Commission des Finances du Sénat, 23 septembre 1998.

(9) Cf. Greenspan :

"Le système produit des niveaux de vie plus élevés, et il est plus sensible aux gaspillages du capital. C’est un système qui est davantage calibré non seulement pour récompenser l’innovation mais aussi châtier les erreurs de l’investissement privé ou de la politique publique"

"La discipline du marché semble être plus draconienne et ‘pardonner’ moins qu’il y a vingt ou trente ans. Le capital, qui à d’autres époques, se serait déversé dans une région de rentabilité "suffisante", par manque d’informations ou d’autres possibilités, se reporte désormais principalement vers les projets ou les économies qui paraissent exceller."  (ibid.)

(10) Cf. Greenspan :

"Pour les plus récents participants au marché financier mondial, leurs institutions, jusqu’à une période récente, n’avaient pas subi l’épreuve d’un championnat de première division, pour emprunter une analogie au base-ball".  (ibid.)

(11)  Par exemple, dans les pays nouvellement industrialisés dont la monnaie était fixée au dollar, il existait une prime d’intérêt pour risque de change. Bien des investisseurs locaux empruntaient en dollars, à un taux plus faible, pour replacer dans la monnaie locale au taux plus élevé. Qu’un grand nombre d’épargnants locaux sous-estime le risque de change contribue à l’accroître, et lorsqu’il se réalise, c’est une crise majeure pour l’économie locale.

(12) Cf. Greenspan :

"Le capital, en période de tension, se réfugie plus facilement vers les titres et les marchés dont la qualité et la liquidité demeurent incontestées". (ibid.)